Les types de marchés d'actions en bourse
Quand on évoque les bourses de valeurs mobilières, on imagine
traditionnellement, et très fréquemment, le cas de pays, comme
les Etats-Unis d'Amérique ou le Royaume-Uni, où il existe plusieurs
places financières et, donc, plusieurs bourses, mais où, aussi,
une place domine toutes les autres comme, par exemple, le New York Stock Exchange
et l'International Stock Exchange (selon l'appellation acquise en 1986 en Grande-Bretagne).
Dans cet ordre d'idées, on parle des bourses de Zurich, de Milan, d'Amsterdam,
de Madrid ou de Bruxelles en Europe, de Tokyo en Asie ; seule l'Allemagne fait
exception avec un marché moins concentré et plusieurs places actives.
En France, depuis le 24 janvier 1991, il n'existe plus qu'un seul marché
national qui a pris le relais de la bourse de Paris (qui réalisait plus
de 95 des échanges boursiers) et des bourses régionales de Bordeaux,
Lille, Lyon, Marseille, Nancy et Nantes. En Belgique, il existe certes une bourse
à Anvers et une autre à Liège mais il est évident
que seule la place de Bruxelles (avec plus de 90 des titres et des volumes de
transaction) est représentative. A. Le marché boursier français
Le marché boursier français est organisé en trois "compartiments"
: le marché officiel, le second marché et le hors-cote. Bien entendu,
une action ne peut être cotée et négociée que sur
un seul de ces marchés.
Le marché officiel
De très loin le plus actif, ce marché a été, organiquement,
divisé en deux secteurs ou sous-ensembles (qui utilisaient, au demeurant,
des modes de négociation spécifiques) : les transactions au comptant
(ou immédiates) et les transactions au règlement mensuel (ou à
terme). Compte tenu de la présence du MATIF et du MONEP, le marché
du règlement mensuel (sur lequel étaient négociés
les titres les plus importants, avec les volumes d'opérations les plus
substantielles et avec la plus grande liquidité possible) a désormais
pour vocation de disparaître ; il nous paraît cependant utile d'encore
l'évoquer assez longuement pour des raisons pédagogiques. Ajoutons
que le principe de l'unicité de cotation (entré en vigueur en
octobre 1983) interdit à une valeur traitée sur le marché
du règlement mensuel d'être négociée sur le marché
du comptant.
a) Les transactions au comptant donnent lieu à un dépôt
immédiat des titres par les vendeurs ; elles requièrent des acheteurs
le paiement, sans possibilité de crédit, des sommes dues.
b) Les transactions au règlement mensuel ne se dénouent par une
livraison de titres qu'en fin de mois (le jour de liquidation, la 7ème
bourse qui précède la fin du mois). Entre-temps, les opérateurs
n'ont fait que prendre une position acheteur ou vendeur sur ce qui n'est qu'un
marché à terme. Afin d'en assurer la sécurité, ils
devront fournir auprès de leur intermédiaire financier des garanties,
sous la forme de couvertures en titres, en or ou en liquidités. Le jour
de liquidation, un acheteur a le choix entre prendre livraison du titre et régler
le montant dû, ou reporter sa position. Moyennant quelques coûts,
il peut ainsi emprunter ce qu'il doit et continuer à profiter des avantages
d'un marché à terme jusqu'à là liquidation suivante.
Cette opportunité est également offerte aux vendeurs qui ont le
choix, soit de livrer les titres, soit de prolonger leurs positions en empruntant
des titres (moyennant le prix d'un dépôt). Cette opportunité
est particulièrement attrayante pour un opérateur qui souffre
dans l'immédiat d'une perte mais qui a la conviction que les cours vont
évoluer rapidement de manière favorable pour lui. Il faut rappeler
que le marché du règlement mensuel est le plus liquide et que
les titres les plus importants y sont négociés. Aussi n'est-il
pas rare qu'un spéculateur ouvre une position par un achat ou une vente,
et la referme par une opération en sens contraire avant la liquidation.
Il aura cherché à bénéficier d'un écart de
cours en n'étant obligé que d'apporter une couverture. Les effets
de levier peuvent être considérables.
Le tableau fournit, à titre de documentation, quelques statistiques sur
les cotations à Paris.
Tableau du marché des actions en France
| Nombre de sociétés cotées |
1981 |
1985 |
1987 |
1990 |
| Société françaises : |
|
|
|
|
| - à la cote officielle |
773 |
642 |
633 |
578 |
| (dont Paris) |
(568) |
(489) |
(481) |
(444) |
| - au second marché |
12 |
127 |
258 |
297 |
| (dont Paris) |
(7) |
(80) |
(169) |
(186) |
| Sociétés étrangères |
|
197 |
207 |
217 |
Source : Commission des opérations de bourse
2. Le second marché
Créé en février 1983, le second marché a pour vocation
d'accueillir les entreprises de taille moyenne (d'une capitalisation boursière
de quelques dizaines de millions d’euros). Il se caractérise surtout
par les formalités simplifiées qui régissent son accès
et qui le rendent bien adapté aux entreprises moyennes. De plus, la liquidité
de chaque ligne et l'animation du marché peuvent être assurées
par un syndicat qui est motivé par une société de bourse
et qui a pour vocation de se porter comme contrepartie afin d'éviter
que de trop nombreuses lignes tombent dans une profonde léthargie. Le
second marché a été en France un incontestable succès.
3. Le hors-cote
Le hors-cote est un marché où les entreprises ont peu d'obligations.
Les échanges peuvent être initiés simplement à la
demande d'un ou de quelques actionnaires qui souhaitent vendre des titres. Une
société de bourse va essayer de leur apporter une aide à
travers une offre de transaction sur le hors-cote. Le marché est, cependant,
très peu liquide ; les transactions sont épisodiques le plus souvent.
En tout état de cause, c'est un marché très hétérogène.
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